Dans les mains du feu

Le tonnerre gronde et lance des éclairs à la forêt qui entoure son chalet. Les chocs d’électricité allument le ciel noir. La pluie essaye d’inonder la pelouse. Neville se cache en dessous d’une couverture sur son divan, mais continue de regarder la tempête à travers de sa fenêtre. Un éclair heurte un arbre proche de la maison et il prend feu. Son incandescence augmente lorsqu’il saute d'un arbre à l’autre. Sa rougeur d’incendie se projette sur le petit garçon. Ses plumes de gaz grisâtres envahissent le ciel. La lueur de la lune ne peut pas percer la couverture de fumée. Seules les flammes illuminent la noirceur. 

Le mur d’orange s’approche du chalet. Durant la matinée, le soleil éclairait la forêt verte et vive. Maintenant, le pauvre garçon voit cette forêt ramper lentement vers lui en forme de ténèbres brillantes dans un terrain méconnaissable. En s’avançant à la fenêtre, le feu grossit et Neville devient trempé de sueur. La tourmente orangée grimpe le mur et enveloppe la maison. Le petit enlève sa couverture et tremble sur son canapé. 

La porte se débarre et une figure de feu entre le chalet. La silhouette semble se tenir debout. Avec une seule touche, elle brûle instamment la peinture à côté de la porte d’entrée, une peinture vive et multicolore couverte de fleurs. Neville se lève du divan, toujours tremblant et rouge comme une tomate. La figure marche lentement vers lui. En passant d’une table, la personne brise le cadre d’une ancienne photo de Neville et sa famille au chalet. Le contour de l’image noircit et ne laisse que Neville, seul, avec un sourire d’enfant et un poisson gigantesque dans les mains. La figure ramasse la couverture sans la brûler et la dépose à côté de lui. Elle s’assoit sur le divan et Neville fait de même. La silhouette le réconforte avec sa couverture et il se blottit dans le tissu. La maison enflammée s’écroule. 

Une demi-heure plus tard, à l’aube d’un nouveau jour, les pompiers arrivent et arrosent l’incendie. Dans les débris, ils trouvent le corps d’un jeune garçon, tout seul, enrobé d’une couverture.

 

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